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CARTE SCOLAIRE 2018, loin du compte pour le bilingue public en Bretagne !


Forte de ses 8000 élèves, scolarisés en classes bilingues breton-français à l’école publique, div yezh Breizh, association qui représente les parents d’élèves à l’échelle de la Bretagne historique, souhaite exprimer son inquiétude sur la carte scolaire 2018 qui ne répond pas d’une part aux besoins de postes supplémentaires : 15 postes pour 29 demandés, et ne suit pas le plan de développement adopté en CALR en septembre 2017 d’autre part. Seulement 11 projets d’ouverture de nouveaux sites publics sont présents alors même que le plan de développement en prévoit 20. A l’exemple de Lamballe où des parents attendent de pouvoir faire l’inscription de leur enfant pour la rentrée prochaine.

Il apparait par ailleurs que des ouvertures de filières bilingues se feront de manière concomitante à la fermeture de classes dans les établissements concernés : Brest Quéliverzan, Carhaix Kerven, Argentré, Goven ; ou dans la même ville : Lannion St Roch. Cela constitue un mauvais signe pour l’installation de l’enseignement bilingue au sein de l’établissement et des communes. Afin de respecter le choix de scolarité de chaque famille, il importe de garantir un climat serein.

Cette carte 2018 fragilise aussi l’organisation de l’existant. Div yezh Breizh rejette ces décisions de fermetures basées sur des éléments purement comptables.

Quelle organisation possible ?

  • pour le RPI Ploëzal/Runan (22) avec initialement 1 classe PS>CE1 dans l’école maternelle de Ploëzal et 1 section CE2>CM2 dans l’école élémentaire de Runan 
  • pour Redon (35) qui devrait accueillir une cinquantaine d’enfants de PS> CM2 avec 2 postes au lieu de 3 cette année.
  • Pour Séné (56) qui devrait accueillir des enfants de PS > CM2 avec 2 postes au lieu de 3 alors que le rectorat attend des effectifs pour l’ouverture de la section bilingue du collège Cousteau actuellement en projet dans la carte des pôles 2018-2019. 
  • Pour Plouay (56) qui continue de connaitre une augmentation de son effectif global sur l’ensemble du primaire et cherche à renforcer sa section collège.
  • Pour Rostrenen (22) à qui on impose une fusion maternelle/élémentaire pour arranger une gestion comptable des élèves qui resteront physiquement séparés dans des bâtiments distincts avec une complexité d’organisation pour une répartition équilibrée des classes multi-niveaux.

Quelles conditions d’accueil et d’apprentissage pour les enfants toujours plus nombreux, y compris dans des classes  multi-niveaux ? Autant nous défendons les bénéfices du multi-niveau pour les enfants, autant nous considérons qu’il est nécessaire de donner aux enseignants des conditions adéquates. Les fermetures annoncées ne vont pas dans ce sens. Nous demandons aux directions académiques de bien vouloir revoir ces situations dans le détail de la réalité de l’organisation des écoles concernées.

Bien qu’une partie de la Bretagne connaisse une perte importante de sa population scolaire depuis quelques années, l’enseignement bilingue public, à contrario, continue de voir ses effectifs augmenter. Il ne doit donc pas servir de variable d’ajustement, autant dans les établissements que pour la carte scolaire globale en Bretagne. Il est primordial d’avoir une carte scolaire pour l’enseignement bilingue en adéquation avec la progression constante et régulière des effectifs qui se confirme chaque année : +7%  à la rentrée 2017.

L’évolution de la législation qui renforce l’assise des langues et des cultures régionales (Loi N°2013-595 du 8 juillet 2013) et qui précise que leur enseignement doit être favorisé (article 40 modifiant L.312-10 du code de l’éducation), doit amener les services académiques à en prendre la pleine mesure pour la 35ème rentrée des classes bilingues de l’école de la République.